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Jean-Laurent Olivier
est un assassin français, reconnu coupable des viols et meurtres de deux
enfants, les petits Demarle. Il a été exécuté à Amiens par le bourreau
André Obrecht le 11 mars 1969.
Jean-Laurent Olivier est né en 1944 dans l'Aisne.
Abandonné très tôt par sa mère, il est confié à une nourrice de
l'Assistance publique, puis est envoyé à l'âge de 15 ans comme
domestique de ferme à Montlevon.
Le 17 juin 1967, il est aux champs au volant de son
tracteur lorsqu'il y aperçoit deux enfants qui s'amusent, Pierrette
Demarle, 12 ans, et son frère Lucien, 10 ans. Olivier les accoste, mais
le frère et la sœur ne se méfient pas, ils connaissent Jean-Laurent.
Sans qu'on ne sache jamais pourquoi, ce dernier perd la tête pendant
quelques minutes. Le lendemain matin, un fermier trouve les corps des
enfants Demarle, ils ont été étranglés, Pierrette ayant été auparavant
violée.
Les gendarmes interrogent Olivier qui, au bout de 48
heures, avoue les crimes. Il affirme ne pas savoir ce qui lui a pris.
Son procès s'ouvre en septembre 1968, plus d'un an
après les faits, aux assises de Laon. Après 45 minutes de délibérations,
Jean-Laurent Olivier est reconnu coupable sans circonstance atténuante,
il est condamné à mort.
En mars 1969, les avocats du prévenu vont plaider la
grâce auprès du président De Gaulle. La grâce est refusée. C'est ainsi
que le 11 mars de cette année-là, on dresse les bois de justice dans la
cour de la prison d'Amiens où Olivier a été transféré pour son exécution.
À 5 heures du matin, on le réveille. Trente minutes après, il est
exécuté.
Jean-Laurent Olivier est le dernier condamné à mort à
être exécuté sous la présidence De Gaulle.
Wikipedia.org
Le couperet est tombé sur Olivier
Jean-Laurent Olivier est né en 1944 dans l'Aisne.
Abandonné très tôt par sa mère, confié aux bons soins d'une nourrice de
l'Assistance Publique, il est envoyé à 15 ans comme domestique de ferme
à Montlevon, où il travaille très dur.
Durant toutes ces années, il passera sa vie sur ces
70 hectares de terres peu fertiles, tâchant de les rendre un peu plus
rentables. A la ferme, on se méfie un peu de cet enfant de l'Assistance,
taciturne. On ne peut pas se plaindre de lui pour le travail, car il y
excelle. Certaines fois, il a de brusques accès de colères qui le
rendent blême comme un fantôme, et qu'il refrène tant bien que mal.
Toutefois, il est assez beau, et l'une des filles de la ferme, Yvette,
ne tarde pas à le considérer d'un oeil nouveau.
Et en peu de temps, la demoiselle se retrouve
enceinte des oeuvres de Jean-Laurent. L'aime-t-il vraiment? Ce n'est pas
certain, car il n'éprouve que du mépris pour ces fermiers dont il n'est
que l'employé.
Mais une fois le mariage fait, il semble se rendre
compte de sa nouvelle situation de gendre. Il veut devenir le patron, et
fera tout pour ça, même en faisant renvoyer son beau-frère. Exigeant à
l'extrême, également avec lui-même, il se lève en premier et se couche
en dernier, passant sa journée aux champs.
Les jeunes de l'Assistance Publique qui lui sont
confiés occasionnellement gardent un souvenir fourbu de leur passage
chez Olivier.
A 23 ans, il possède la plus vaste propriété de la
région louant dès que possible les terrains alentours pour étendre
encore les récoltes. Il s'endette un peu pour le matériel agricole, mais
sa puissance de travail lui permet de rembourser dans les délais les
plus proches. Fruste et bûté comme un taureau, la seule personne qui
trouve grâce à ses yeux est son fils.
C'est ainsi que le 17 juin 1967, Olivier laboure l'un
de ses champs, en bordure de la route de Lizy-sur-Ourcq, au volant de
son tracteur.
C'est l'après-midi. Sur la route, Olivier aperçoit
trois silhouettes. Il s'agit de son voisin, Mr Gaston Demarle, et de ses
deux enfants, Pierrette, 12 ans, et Lucien, 10 ans.
Tous trois s'arrêtent en bordure du champ, parlent
quelques minutes, puis Demarle enfourche son vélomoteur, et se rend à
Lizy, où il va préparer son prochain déménagement.
Les deux gamins restent là, s'amusent. Et Olivier,
sans qu'on ne sache jamais pourquoi, perd la tête pendant quelques
minutes. Il suit les enfants, puis descend de son tracteur pour les
accoster. Pierrette et Lucien ne se méfient pas, ils connaissent bien
l'homme.
-"Où allez-vous?"
-"On va faire des courses au village"
Après une conversation banale, Olivier prétend qu'il
a une commission pour Mr Demarle, et demande à Lucien de le suivre au
tracteur, qui est dissimulé par un petit bois.
Quelques minutes après, Olivier revient seul et prend
Pierrette par la main. De nouvelles minutes s'écoulent, et Jean-Laurent
Olivier remonte sur son tracteur, pour ne rentrer chez lui qu'à la nuit
tombée.
A 19 heures, Gaston Demarle rentre chez lui. Sa femme
s'inquiète, les enfants ne sont pas avec lui, et ils ne sont pas rentrés.
On s'affole, on avertit le village.
Un voisin dit qu'il a vu les enfants près du champ
des Olivier, et Jean-Laurent lui-même confirme ces dires, en ajoutant
qu'il a vu également une 4L bleue garée dans le chemin menant au bois.
On cherche dans l'angoisse croissante, en se demandant pourquoi.
Toute la nuit, les battues continuent, et le
lendemain matin, à une trentaine de mètres de la route, dans un bosquet,
un fermier trouve les corps des petits Demarle. Lucien a de la mousse
dans la bouche et la gorge, et son coups porte des traces de
strangulation. Pierrette porte les mêmes stigmates. Mais de plus, on
constate qu'elle a été violée.
Les gendarmes sont face à un crime innomable, mais
l'histoire de la 4L les fait tiquer, car même si peu de personnes
passent par là, Olivier ne pouvait pas être le seul à remarquer la
voiture. Ils interrogent donc Olivier, qui, au bout de 48 heures, finit
par rompre. Il avoue tout, et affirme ne pas savoir ce qui lui a pris.
Les psychiatres ne trouvent rien d'anormal. Il n'est qu'une brute dont
l'acte affreux est incompréhensible. L'instruction dure près d'un an.
Son procès s'ouvre en septembre 1968 à Laon. Olivier
est défendu par Mes Foviaux et Rives. Me Libmann, avocat de la partie
civile, clame que le crime n'est pas celui d'un dément, et qu'aucune
circonstance atténuante ne doit être accordée.
Le procureur de la République, M. Vignaud, est
implacable, et rappelle que le viol et le meurtre sont passibles de la
peine de mort. Olivier encourt trois fois la guillotine. Mais le
témoignage du docteur Roumajon qui a examiné l'éléctroencéphalogramme
d'Olivier dit qu'il exciste des anomalies, et que la responsabilité est
atténuée. Me Rives base sa défense sur l'anormalité d'Olivier, Me
Foviaux, lui, dénonce le châtiment suprême, qu'il considère comme
archaïque. Mais rien ne contrebalancera plus les jurés dans leur opinion.
Le 27 septembre 1968, après 45 minutes de
délibérations, Jean-Laurent Olivier est reconnu coupable sans
circonstances atténuantes. Il signe son pourvoi en cassation, qui est
refusé en décembre. A ce moment-là, il est transféré de la maison
d'arrêt de Laon à celle d'Amiens, en attente de la grâce présidentielle.
Les avocats sont reçus par le président De Gaulle en
mars 1969. Peu de mois avant son départ de la présidence, Charles de
Gaulle décide de ne pas accorder sa clémence. C'est ainsi que le 11 mars
1969, on dresse les bois de justice dans la cour de la prison d'Amiens,
qui n'avait pas vu d'exécution depuis le 22 juin 1957, quand Kléber
Delaire avait été guillotiné. A 5 heures, on réveille Olivier. Trente
minutes après, le couperet tranche son cou. Le docteur Sylvie Schaub
pratique sur la tête un prélévement cérébral, qui confirmera par la
suite que Olivier n'était pas tout à fait responsable de ses actes. |